Ira Levin - Un bonheur insoutenable
En 1970, 3 ans après "Un bébé pour Rosemary", Ira Levin nous ravit d'un roman dystopique qui n' a pas à rougir d'un "1984" ou "Le meilleur des monde". Il y a donc une critique de notre société et de ses dérives, du règne de la dopamine et en quelques sortes du smartphone avant l'heure.
On est dans un monde totalitaire qui est un peu un mélange stalinisme
capitalisto religieux où chaque individu est équipé d'un bracelet
d'identification qui doit être scanné à tout va. Chaque mois, il doit passer prendre son traitement qui va
agir sur ses humeurs et réguler toute envie de rébellion.
Les sensations sont
réduites au strict minimum, tout sentiment égoïste et envie de violence sont
annihilés, tous doivent agir pour le bien de la Famille et de l'ordinateur
central UniOrd. Les naissances sont contrôlées, il n'existe qu'une poignée de
prénoms puisque chacun est interchangeable à volonté selon les besoin du
moment. La délation est obligatoire puisque chaque petit faux pas est rapporté
aux "conseillers", le contrevenant est alors convoqué pour s'expliquer
et réadapter sa médication pour le remettre dans le droit chemin. L'ancien
monde de libres penseurs est un mauvais souvenir, toute tentative
d'émancipation est taxée de maladie voire d'incurabilité.
Matou est un jeune garçon aux yeux vairons qui est initié par son grand père à
essayer de décider de son existence. La surveillance tentera bien sûr de mater
cette vilaine graine. Une fois adulte, ça continue de travailler un peu dans
son cerveau malgré les drogues, il va alors tenter un long cheminement pour
essayer de se libérer de cette chape de bonheur obligatoire. Le suspense grimpe
au fil du récit et prend des allures quelque peu cinématographiques.
"- Ce qui me stupéfie, c'est le nombre de membres improductifs qu'il y avait à l'époque. Tous ces négociants et ces législateurs, ces soldats et policiers, ces banquiers, ces percepteurs d'impôts... "

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