Philippe Marczewski - Quand Cécile


Philippe Marczewski - Quand Cécile


Depuis sa sortie en 2024, je me réjouissais de ce troisième roman de l'auteur liégeois qui est pour le moins doué pour se renouveler tant diffèrent les styles de  "Blues pour trois tombes et un fantôme" en 2019 et "Un corps tropical" en 2021.

Dérouté, je l'ai été par la forme d'une très longue phrase ininterrompue qui donne un rythme qui nous empêche presque de lâcher le livre. Pas un point pour respirer si ce n'est celui des initiales des différents protagonistes qui sont anonymisés en contraste avec cette Cécile qui rayonne comme un unique soleil. Ce choix de l'auteur finit par installer un climat spécial à ce roman comme un long poème. En tous cas c'est une magnifique expression de ce que peut être un deuil, la disparition d'un être aimé qui s'est figé dans la mort alors que le monde continue de tourner, d'infliger les marques du temps qui passe sur les vivants. Les souvenirs et les photographies restent les seuls vestiges d'un humain dont le trépas à figé à jamais le côté vaporeux de la commémoration. Il ne restera plus rien quand tous les semblables qui ont gardé une trace du défunt seront morts à leur tour.
Les années passent et l'endeuillé prend conscience du manque, de ce qu'il a raté en fuyant un amour incertain à tel point que ça vire à l'obsession, il croit voir des réincarnations de Cécile dans la rue. Peut-être différentes réalités se chevauchent-elles et les fantômes passent de l'une à l'autre?

" la mort déchire la trame de l'espace et du temps, rompt la corde où la main court, à laquelle on se tient du matin au soir, un jour il y a un corps une voix une présence et soudain plus rien, même un être dans le plus profond coma est encore présent et sitôt mort ne l'est plus, le temps perd l'équilibre à cet instant précis, c'est une évidence, la fin de la présence et le début de l'absence sont concomitants, "


 

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