Virgile - Le souci de la terre (Les
Géorgiques)
Longue introduction du traducteur
Frédéric Boyer qui se permet une version remaniée en 2019 de ce grand classique
de la poésie antique à savoir les Géorgiques. Il a voulu rendre une version
modernisée qui pourrait se rapprocher de l'esprit originel de déclamation ou
scansion.
Cela m'a donné quelques balises pour
mieux appréhender ce long poème de 2000 vers rédigé entre 37 et 30 avant JC en
ces fameux hexamètres dactyliques. Ayant vécu un deuil lors de cette ardue
traduction, il y voit un magnifique portrait de la vie terrestre dont il faut
tenter de profiter lors de notre court passage à sa surface.
Le Livre I est une sorte de traité d'agriculture où il est question de bonnes
pratiques (rotations, sarclages, respect du sol....), de louanges de la vie
rurale loin des tumultes guerriers de son époque.
Dans la partie II, on passe aux arbres, surtout la vigne et l'olivier avec
quelques bizarreries botaniques sur les
greffes et boutures ... Un poirier ne se greffe pas sur un pommier !? Il y a
toujours comme un rappel à notre fragile condition de l'éphémère. Les
références aux dieux sont nombreuses mais aussi à la situation géopolitique de
son époque.
Le Livre III débute avec plein d'allusions mythologiques, où je me suis
un peu perdu, avant d'être presque un guide pour l'élevage des chevaux, vaches,
moutons ...
Et puis alors que je ne l'attendais pas le fameux "Tempus Fugit" qui
m'obsède tant dont j'avais oublié qu'il émanait de Virgile.
« Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti
circumvectamur amore », ce qui signifie : « Mais en attendant, il fuit : le
temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du
détail. » Traduit de manière un peu différente par Frédéric Boyer.
C'est un peu la morale du poème: profitons de notre vie terrestre car nous n'en
avons qu'une seule, après, le néant et surement pas de retour sur terre.
Dans le Livre IV, il est question des abeilles qui ont un roi (sic), et c'est
un peu une métaphore de la société humaine. Très vite ça dévie vers la
mythologie, Orphée où je me suis de nouveau perdu. Pour terminer les abeilles
renaissent des entrailles de taureaux sacrifiés. Hum...

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