Gil Bartholeyns - Le hantement du monde - Zoonoses
et pathocène
J'avais été séduit par le
roman engagé "Deux kilos deux" de cet anthropologue et
historien belge, son nom m'était donc familier quand je suis tombé sur ce bref
essai paru en 2021.
Il est le créateur de ce néologisme "Pathocène" qui désigne notre
état de maladie causé par notre soif de contrôle sur la nature et nos maux
provoqués par l'industrialisation du monde.
Dès que l'homme a voulu dompter l'animal et le considérer comme un produit
qu'on peut stocker à loisir il s'est heurté à des maladies qui ont trouvé le
terrain parfait pour proliférer dans ces grands rassemblements de vivants qui
n'étaient pas faits pour se retrouver les uns sur les autres. Surtout la
sélection d'animaux dociles qu'on va quasi cloner ou préserver un mâle au
profil génétique parfait qu'on va faire se reproduire. Terrain fertile pour
déclencher des dysfonctionnements.
Particulièrement depuis l'ère du rendement à tout prix, les zoonoses se sont
multipliées et on a assisté scandalisés à leur ravages sur notre espèce (et des
autres animaux) sans du tout nous remettre en question. Le récent Covid n'en
est qu'un exemple parmi d'autres qui pour une fois à sérieusement touché
l'Occident qui se croyait un parfait témoin des malheurs du monde à l'abri des
avaries. Les grandes épidémies de grippe, peste étaient pourtant là pour nous
mettre en garde. Nous sommes devenus comme les animaux que nous maintenons à
l'état de servitude, prisonniers de notre propre terre.
Mais peu sont prêt à changer, à admettre qu'une des causes premières de ces
pandémies est l'élevage industriel, la surconsommation carnée. La sacro sainte
croissance ne peut admettre un retour en arrière et la viande a pris trop de
place dans la chaine capitaliste quand bien même la Science s'accorde à dire
qu'il faut dire stop.
Notre traitement de l'information accorde beaucoup d'importance à
"l'évènement" mais son sens est de plus en plus galvaudé. On dirige
souvent notre attention vers l'émotion plutôt que vers la raison.
L'auteur termine par un comparatif entre la fiction et l'Histoire, vu qu'il
manie les deux, et revient brièvement sur le contexte de l'écriture de son roman
cité en début de cette petite chronique.

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