Marie Ndiaye - Rosie Carpe





Marie Ndiaye - Rosie Carpe

C'est via Des Livres Rances que j'ai été attiré par cette auteure qui m'était inconnue. J'avais noté le caractère pesant voire insoutenable de ce roman paru en 2001 et qui a obtenu le prix Fémina.

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a de l'étrange, de l'oppressant et du malsain. Au début j'ai presque failli laisser tomber, tant une atmosphère répétitive alourdissait l'histoire qui semblait patiner. Mais finalement c'est cette lourdeur qui s'est démarquée et à participé à planter l'ambiance. Une jeune femme qui semble soumise à la vie qui lui arrive et qui pourrait dire "non", mais il y a quelque chose d'incompréhensible qui lui fait accepter l'inacceptable. Elle est sans volonté et bien sûr des opportunistes saisissent sa faiblesse pout la mener à la baguette. Et puis cette obsession, Lazare, son frère qui semble incarner la seule bouée de sauvetage sans trop savoir pourquoi. Les couleurs amènent une dimension supplémentaire à l'histoire dont on ne saisit pas trop où elle nous emmène. Cette Rosie provoque partout où elle passe l'indifférence, elle porte en elle comme un péché originel sans cesse resali. Elle espère un jour une réparation de cette lourde culpabilité qui la suit comme une trainée de poudre. Les relations familiales sont le ciment du récit, mais on est loin de la famille type, que du contraire, il semble que tout soit bouleversé. Des très longues phrases peuvent parfois dérouter mais ajoutent au style glacial une sorte de chape de plomb. Le malaise va en s'amplifiant à mesure qu'on s'approche de la fin qui est n'est pas vraiment une libération ...

J'ai trouvé qu'il avait tout d'un grand roman bien qu'il soit quand même assez difficile à appréhender.
En tous cas il m'a laissé une forte impression.

 

Gil Bartholeyns - Le hantement du monde - Zoonoses et pathocène



Gil Bartholeyns - Le hantement du monde - Zoonoses et pathocène

J'avais été séduit par le roman engagé "Deux kilos deux" de cet anthropologue et historien belge, son nom m'était donc familier quand je suis tombé sur ce bref essai paru en 2021.

Il est le créateur de ce néologisme "Pathocène" qui désigne notre état de maladie causé par notre soif de contrôle sur la nature et nos maux provoqués par l'industrialisation du monde.
Dès que l'homme a voulu dompter l'animal et le considérer comme un produit qu'on peut stocker à loisir il s'est heurté à des maladies qui ont trouvé le terrain parfait pour proliférer dans ces grands rassemblements de vivants qui n'étaient pas faits pour se retrouver les uns sur les autres. Surtout la sélection d'animaux dociles qu'on va quasi cloner ou préserver un mâle au profil génétique parfait qu'on va faire se reproduire. Terrain fertile pour déclencher des dysfonctionnements.
Particulièrement depuis l'ère du rendement à tout prix, les zoonoses se sont multipliées et on a assisté scandalisés à leur ravages sur notre espèce (et des autres animaux) sans du tout nous remettre en question. Le récent Covid n'en est qu'un exemple parmi d'autres qui pour une fois à sérieusement touché l'Occident qui se croyait un parfait témoin des malheurs du monde à l'abri des avaries. Les grandes épidémies de grippe, peste étaient pourtant là pour nous mettre en garde. Nous sommes devenus comme les animaux que nous maintenons à l'état de servitude, prisonniers de notre propre terre.
Mais peu sont prêt à changer, à admettre qu'une des causes premières de ces pandémies est l'élevage industriel, la surconsommation carnée. La sacro sainte croissance ne peut admettre un retour en arrière et la viande a pris trop de place dans la chaine capitaliste quand bien même la Science s'accorde à dire qu'il faut dire stop.
Notre traitement de l'information accorde beaucoup d'importance à "l'évènement" mais son sens est de plus en plus galvaudé. On dirige souvent notre attention vers l'émotion plutôt que vers la raison.
L'auteur termine par un comparatif entre la fiction et l'Histoire, vu qu'il manie les deux, et revient brièvement sur le contexte de l'écriture de son roman cité en début de cette petite chronique. 


 

Annie Proulx - Nouvelles histoires du Wyoming



Annie Proulx - Nouvelles histoires du Wyoming

Cela arrive parfois qu'on ne soit peut-être pas d'humeur, toujours est-il que certaines de ces histoires m'ont lassé car perdu à tel point que je les ai tout bonnement abandonnées en cours de route. La conjoncture du moment aussi a du jouer, quand je commence une longue nouvelle et m'endors et n'arrive pas à me remettre dedans le lendemain.

Il s'agit bien de nouvelles pour certaines assez courtes qui tiennent presque du conte. Certaines  de celles là m'ont justement plu mais pour ce qui est des plus longues je me suis vite embrouillé dans ces histoires de famille aux 42 protagonistes qui ne font que rebondir, approfondir pour quelques lignes la vie de certains pour s'accrocher à d'autres avec une impression de ne pas trop bien savoir où l'on nous emmène. On est donc en pleine Amérique profonde avec des histoires de concours de barbe, de ferrailleurs, de loups ou rednecks mais il y quelque chose que je n'ai pas su saisir à l'essence de cette prose.
Bilan fort mitigé donc pour ce recueil paru en 2004.