Marie Ndiaye - Rosie Carpe
C'est via Des Livres Rances que j'ai été attiré par
cette auteure qui m'était inconnue. J'avais noté le caractère pesant voire
insoutenable de ce roman paru en 2001 et qui a obtenu le prix Fémina.
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a de l'étrange, de l'oppressant et
du malsain. Au début j'ai presque failli laisser tomber, tant une atmosphère
répétitive alourdissait l'histoire qui semblait patiner. Mais finalement c'est
cette lourdeur qui s'est démarquée et à participé à planter l'ambiance. Une
jeune femme qui semble soumise à la vie qui lui arrive et qui pourrait dire "non",
mais il y a quelque chose d'incompréhensible qui lui fait accepter
l'inacceptable. Elle est sans volonté et bien sûr des opportunistes saisissent
sa faiblesse pout la mener à la baguette. Et puis cette obsession, Lazare, son
frère qui semble incarner la seule bouée de sauvetage sans trop savoir
pourquoi. Les couleurs amènent une dimension supplémentaire à l'histoire dont
on ne saisit pas trop où elle nous emmène. Cette Rosie provoque partout où elle
passe l'indifférence, elle porte en elle comme un péché originel sans cesse
resali. Elle espère un jour une réparation de cette lourde culpabilité qui la
suit comme une trainée de poudre. Les relations familiales sont le ciment du
récit, mais on est loin de la famille type, que du contraire, il semble que
tout soit bouleversé. Des très longues phrases peuvent parfois dérouter mais
ajoutent au style glacial une sorte de chape de plomb. Le malaise va en
s'amplifiant à mesure qu'on s'approche de la fin qui est n'est pas vraiment une
libération ...
J'ai trouvé qu'il avait tout d'un grand roman bien qu'il soit quand même assez
difficile à appréhender.
En tous cas il m'a laissé une forte impression.

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