Ernst Jünger - Orages d'acier



Ernst Jünger - Orages d'acier

C'est rare d'être à tel point captivé par un récit, qui plus est historique. Chaque fois que je rouvrais ces presque 400 pages, j'étais happé par cette horreur, cette absurdité de la guerre.

Ernst Jünger est ce qu'on appelle un héro de la Grande Guerre coté allemand devenu célèbre par ses écrits sur celle ci. Il a aussi joué un rôle plus effacé dans la deuxième guerre mondial mais il s'est surtout dissocié du nazisme et à même publié en 1939 "Sur les falaises de marbre" qui est apparemment une allégorie contre le totalitarisme. Il n'en est pas moins un nationaliste convaincu adepte de la pensée de la Révolution Conservatrice.
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_conservatrice_(Weimar)

Revenons à "Orages d'acier" publié en 1920 qui m'a vraiment fait vibrer au rythme des bombes, des balles sifflantes, du chaos des tranchées.
A peine âgé de 19 ans, il est engagé dans la guerre 14, un peu naïf mais surtout motivé par l'aventure et à en découdre avec l'ennemi. Il trépigne alors qu'il entend au loin les combats et attend son tour pour entrer dans la danse macabre. Il devient rapidement lieutenant et échappe à la mort à maintes reprises. Les attaques s'enchainent, ses camarades tombent au fur et à mesure. Après les intenses combats dont il réchappe toujours, il profite d'un peu de répit lors des permissions. Mais ce n'est que pour revenir de plus belle dans cette boucherie. Il est doublement blessé quatorze fois, évacué, puis retour au front. Une sorte de monotonie s'installe au fil des pages dans la successions de combats, d'assauts, de shrapnels, d'estropiés, de morts mais tout est raconté de manière palpitante. On en vient à se demander comment on peut supporter de telles horreurs, sans doute advient-il une sorte d'indifférence salutaire pour ne pas devenir fou.
Crescendo dans la fureur des combats jusqu'au point d'orgue "La Grande Bataille". Puis on sent que la fin est proche, le moral commence à décroitre, l'ennemi anglais a de plus en plus de moyens humains et techniques (chars, avions, armes efficaces). L'absurdité de ces avancées-reculs incessants finissent par avoir raison de l'Allemagne. Dans un ultime combat, il s'en sort miraculeusement alors que gravement blessé, grâce au dévouement de ses soldats. Il est ramené à Hanovre alors que l'armistice est proche.
Je n'ai pas tellement l'habitudes des récits de guerre, mais celui m'a laissé une terrible impression et une très vague ressemblance, l'héroïsme en moins dans les descriptions de bombardements avec le fameux "Voyage au bout de la nuit " de Céline...



 

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