
Georges Orwell - Dans le ventre de la baleine et
autres essais (1931-1943)
Par le passé j'ai bien sur lu les classiques
"1984", "La ferme des animaux" mais aussi "Dans la
dèche à Paris et à Londres", "Hommage à la Catalogne" ... En
fait j'ai eu une phase monomaniaque d'Orwell il y a une vingtaine d'années.
J'ai découvert récemment quelques recueils d'essais dont celui ci qui m'a
laissé une impression assez mitigée.
Cela débute par une mise au point "Pourquoi j'écris " daté de 1946
puis d'autres courts essais classés chronologiquement de 1931 à 1943. On comprend vite qu'au
delà de l'égoïsme, l'esthétique et l'historicisme, le coté
"politique" à pris le dessus. Les sujets sont forts variés mais on
retrouve cette belle plume pleine de verve contre l'impérialisme, le
capitalisme et le fascisme.
On pourrait y voir des à-côtés de ses romans avec des histoires en Birmanie
puis une fronde contre les communistes lors de la guerre d'Espagne à laquelle
il s'est engagé dans les Brigades Internationales. Il y rappelle sa déception
envers les contre-révolutionnaires rouges qui ont étouffé dans l'œuf les élans
libertaires. Mais aussi plus loin des comparaisons avec Mussolini ou Hitler (en
1942).
Une longue critique de Charles Dickens m'a quelque peu perdu vu que je n'ai
rien lu de lui. On y apprend que bien qu'il ait critiqué une grande partie de
la société anglaise de son époque, il a pourtant été admiré par tout le monde. Peut-être
parce qu'il ne l'a jamais vraiment remise totalement en question. Chaque
courant parfois antagoniste a voulu s'approprier l'auteur comme prêchant pour
sa paroisse.. C'est un pilier de la littérature anglaise à tel point qu'il est
omniprésent dans l'esprit anglais.
Il a aussi apparemment parlé de l'enfance comme personne d'autres et
contrairement à la plupart de ses contemporains n'a pas fait preuve de
chauvinisme anglais. Orwell part dans une longue analyse de la psychologie des
personnages dans l'œuvre de Dickens, de ses considérations de classe, j'avoue
avoir parcouru en diagonale certaines pages vu que je ne voyais pas de quoi il
parle.
Il passe ensuite à une critique d'Henry Miller et son "Tropique du
cancer" dont je n'ai personnellement pas retenu grand chose de positif
avec un détour par Withman...Il dénonce un certain fatalisme, une légèreté de
ces auteurs qui ne seraient plus du tout à la mode aujourd'hui (entendez en
1940). D'après lui, on ne peut plus ne rien dénoncer.
Mise en perspective d'autres auteurs démodés qui ont eu leur succès auprès
d'une génération et sont tombés en désuétude et ont participé à créer une
mythologie champêtre auprès des urbains ou le contraire.... et puis plus généralement
de la littérature du début du XXème siècle et ses successions de modes. Comme
écrivain, Il était de bon ton de se déclarer de gauche, voire adhérant du parti
communiste, mais Georges Orwell a été dégouté de la politique et de
l'allégeance à la Russie. Il vaut mieux n'adhérer à aucune idéologie pour
rester véritablement libre.
Jack London, HG Wells ou encore Aldous Huxley sont aussi abordés. Le tout sous
le prisme des idéaux et courants politiques et leurs contradictions, leur
impasses.
S'en suit une longue analyse de la société anglaise de 1940-41 alors que la
Deuxième Guerre Mondiale vient de débuter. Il vante les mérites du socialisme
et tente d'en exprimer sa vision (presque son programme politique s'il était
politicien). Cela a du être éclairant à l'époque, mais aujourd'hui c'est un peu
désuet.
L'ouvrage termine avec un longue biographie d'Eric Blair le vrai nom de Georges
Orwell.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire