Vladimir Arseniev - Aux confins de l'Amour



Vladimir Arseniev - Aux confins de l'Amour

Me souvenant d'une très bonne lecture " Dersou Ouzala (La Taïga de l'Oussouri)", je me réjouissais de lire la suite. Enfin il ne s'agit pas vraiment d'une suite, car on se rappelle que le dénommé Dersou Ouzala avait préféré disparaître dans sa nature plutôt que de rejoindre la "civilisation".
L'officier Vladimir Arseniev, fort de son expérience précédente, était à même de s'aventurer en mission de reconnaissance cartographique dans ces terres isolées et extrêmes. Ce livre est publié de manière posthume en 1937 mais seulement traduit en français en 1994. Le style est fort plaisant, plein de descriptions de faune et flore, ethnographiques et géographiques.

C'est en 1908 qu'il repart explorer pendant presque 10 mois le massif Sikhote-Alin et ses affluents du fleuve Amour. Naturaliste émérite, il fait partie des pionniers des relevés botaniques sibériens.
Avec son équipe, il part d'abord en bateau de Khabarovsk pour ensuite passer en barque de villages Goldes en villages Oudihés. Il est confronté aux pratiques chamaniques de ces ethnies. Malgré sa solide expérience, il doit faire face aux impondérables naufrages et étourderies d'un de ses compagnons Goussev.
Ayant perdu tout matériel et vivres dans le courant, ils frôlent la mort et doivent leur salut à des collègues partis à leur recherche. Ceux-ci les ramènent le long de la côte. Ils se remettent peu à peu de leurs émotions et font connaissance avec le peuple et ses histoires. Après cette semi débâcle, Arseniev et ses hommes, délesté du foireux Goussev, prennent la direction du Sud le long des côtes vers l'embouchure du Samarga. Le tout sous la patronage de plusieurs guides Orotches réputés pour leurs talents d'orientation. Ils doivent s'adapter au mauvais temps qui surgit et les force à la vigilance ou à l'arrêt. Les superstitions des locaux et chasseurs de zibeline déroutent un peu le narrateur. Il ne faut pas tirer sur un animal endormi sous peine d'un terrible malheur! Ils côtoient de près le redoutable tigre de Sibérie qui ne s'en laisse pas conter...

Les températures descendent souvent en dessous de 30° sous zéro mais cela na pas l'air de trop les dérouter. Après cette éreintante boucle de presque une année à travers la Taïga, aveuglés par le soleil printanier, ils doivent se hâter de retrouver la mer avant le dégel.


 

Antoine Wauters - Le plus court chemin



Antoine Wauters - Le plus court chemin

C'est encore le hasard du rayon belge qui m'a porté sur cet auteur dont le nom m'était familier pour avoir déjà lu son premier roman " Césarine de nuit" dont j'avoue ne pas me rappeler de grand chose.
Celui-ci est de 2023 et a empoché le prix Rossel de la même année. L'écrivain a aussi raflé d'autres prix littéraires dont le Prix Goncourt de la Nouvelle en 2022 avec " Le Musée des contradictions" et se fait peu à peu une place dans les lettres internationales.

Ce roman qui semble autobiographique papillonne dans des souvenirs d'enfance avec des (parfois très) courts chapitres. Il y a beaucoup de poésie et de nostalgie. Pour le citer " La nostalgie, c'est un applaudissement du passé.  Dans une main, il y a les larmes. Dans l'autre, beaucoup de joie."

On chemine avec ces saveurs de la jeunesse qui construisent l'être adulte qu'on devient parfois du jour au lendemain, comme une chute de mur de Berlin qui réunit deux mondes à part. L'époque insouciante quand les années 80 rencontrent les années 90, où la technologie et le profit décomplexé se déploient. Moment clé où l'abstraction fait surface, le temps commence son accélération, quand on se sent de plus en plus étranger à ce qu'on était.

" A présent, je vis avec l'idée que chaque seconde est la dernière. Je me vois stoppé en plein élan, au milieu même de ce paragraphe. Et voilà pourquoi je ne l'écris pas, ce livre des années magiques, je le sprinte."
Le livre se lit quasi d'une traite !


 

Roland Villeneuve - Histoire du cannibalisme - De l'anthropophagie rituelle au sadisme sexuel


Roland Villeneuve - Histoire du cannibalisme - De l'anthropophagie rituelle au sadisme sexuel

Cet auteur français essayiste et parapsychologue s'est spécialisé dans les sujets occultes, diaboliques, paraphiliques etc et a publié une série de livres dès les années 1950.
Initialement sorti en 1973, celui ci appelé sobrement "Le Cannibalisme", été habilement renommé pour une réédition en 2016 chez Camion Noir qui aime traiter des sujets sulfureux.
Il faut avoir l'estomac bien accroché pour arriver au bout de ce recueil d'atrocités.

On commence avec quelques faits avérés d'anthropophagie occasionnelle souvent provoqués par la famine où l'on tuait les vieux inutiles ou alors des jeunes enfants pas encore utiles pour s'en rassasier. Sièges et naufrages firent partie de ces situations où l'on devait bien trouver une solution à la faim. (Cf. cas célèbre de Radeau de la Méduse).

Il semblerait que la chair humaine ait été un mets de choix pour certaines populations du monde entier. Plusieurs extraits de récits de voyages en témoignent et décrivent la férocité et la barbarie de ces pratiques. Il n'y a pas forcément besoin d'aller loin pour trouver des histoire cannibales.
Mais n'est-ce pas un fantasme occidental gonflé et par ce genre de récit? Difficile de faire des généralités fiables de ces quelques rapports...

Au delà des simples aspects gastronomiques qui selon les pratiquants étaient forts savoureux, il y'a le cannibalisme guerrier. Vengeances, tentatives de s'approprier la force de son ennemi, phallotomies, chasses de têtes furent apparemment monnaie courante. L'exposition de trophée était synonyme de respectabilité.

Les sacrifices humains font partie d'offrandes aux dieux ou pour favoriser la fertilité des cultures. Manger des membres défunts de sa famille est une façon de s'approprier leur souvenir ou leur force. Les exemples sont nombreux à travers le monde, l'eucharistie chrétienne ou la circoncision ne sont-elles pas des transferts anthropophagiques de rituels totémiques?

Certaines pseudos-médecines ont conseillés l'ingestion de momies ou d'enfants pour se soigner.
Fantasmes de vampirisme, pratiques extrêmes de sadisme sexuels sont rapportés brièvement.

On termine par une touche plus "légère" avec quelques manifestations littéraires ayant trait à ce sujet et puis une imposante bibliographie qui a servi à étayer cet ouvrage sanglant.



 

Erri de Luca - La nature exposée



Erri de Luca - La nature exposée

Quand on fait de la place, qu'on se sépare d'une collection de livres accumulés, ça peut faire le bonheur des autres. Merci à Antoine pour ce cadeau qui m'a permis une seconde lecture de cet auteur italien que j'avais déjà pu apprécier avec "Trois chevaux".

Ce roman est sorti en 2016 et m'a très vite reconnecté avec ce style que j'avais trouvé particulier d'une belle prose lumineuse et poétique avec un coté sec et feutré. Le rythme est soutenu par une suite de paragraphes, pas vraiment des chapitres
.

C'est une histoire où se mêle plusieurs thèmes, celui de la montagne et de la mer, celui des migrants qui paient des guides pour traverser des frontières, celui de la religion et de la sculpture.
Le protagoniste aide les humains qui cherchent des cieux plus favorables à une vie digne mais se refuse à en vivre. Il rend l'argent de la passe une fois la borne franchie en se bouchant les oreilles pour ne pas entendre les remerciements. Cette notoriété soudaine va le faire quitter son village pour prendre l'air, c'est au bord de la mer que le destin va lui faire travailler sur une restauration d'une sculpture de la crucifixion. Celle-ci avait été censurée à une époque où l'on ne tolérait pas " la nature exposée", entendez la vision sexe du christ. Il va alors s'intéresser au sculpteur déchu, interroger des représentants des cultes et même se confondre avec son œuvre de marbre...

" La chance du trèfle à quatre feuilles commence et finit avec le fait de l'avoir trouvé, et rien d'autre. La religion c'est l'idée qu'un trèfle à quatre feuilles signifie plus que le hasard de l'avoir rencontré dans la masse des autres. La mort est un trèfle à quatre feuilles, tôt ou tard on la trouve  et il n'y a rien d'autre."

" Mes pas me portent hors des lumières de la route, là ou je retrouve le ciel qu'on voit en montagne. Le royaume des cieux, écrivent les Evangiles, qui en connaissent le roi. Moi qui suis incompétent, je vois en revanche l'anarchie, qui n'est pas du désordre, mais le gouvernement indépendant de chaque lumière. Des masses, des météorites, des comètes tournent comme des catapultes en frôlant des satellites, des planètes. Elles se désagrègent de temps en temps dans l'atmosphère, en renouvelant par leur chute les semailles de l'univers."

" Celui qui meurt ne se sent pas mourir lui-même : il sent mourir le monde, les personnes tout autour, les jours, les nuits, les planètes, les mers. Celui meurt sent s'éteindre l'univers hors de lui. C'est la miséricorde offerte à chaque mort qui dissout le désespoir dans l'immensité de toutes les extinctions."  


 

Erasme - Eloge de la folie



Erasme - Eloge de la folie

C'est encore une fois par ricochet que je me suis laissé tenter par cet illustre penseur rotterdamois du XVème siècle qui aujourd'hui encore continue de nous hanter. C'est Denis Grozdanovitch et son "Génie de la bêtise" qui m'a stimulé. Pourtant j'ai eu quelques réticences, encore trop accablé par la lecture récente de Jean de La Bruyère. Mais je dois dire que j'ai été agréablement surpris bien que j'étais content que ça se termine.


Cette œuvre déclamatoire satirique publiée en 1511 en latin je cite wikipédia "considérée comme l'une des œuvres qui ont eu le plus d'influence sur la littérature du monde occidental et qui a été un des catalyseurs de la Réforme."

C'est truffé encore une fois de références mythologiques gréco-romaines mais aussi de nombreux penseurs de ces temps antiques. Les stoïciens y sont moqués comme plein d'autres attitudes pseudo-vertueuses. C'est la Folie qui se parle à elle-même et se vante de ses avantages sur les hommes. "Heureux les simples d'esprit" revient comme une rengaine mais j'y ai trouvé aussi de l'humour, de l'autodérision vaguement rabelaisienne. Tenez,  j'apprends que Rabelais était un grand admirateur d'Erasme! Les chapitres de ces divagations nous entrainent dans des preuves qu'il vaut mieux s'abandonner aux plaisirs plutôt que de se miner l'esprit avec la sagesse et le savoir. D'ailleurs un être 100% vertueux ne peut pas exister ou alors il à l'outrecuidance de se prendre pour un dieu.
La Folie prend un ton plus critique en s'en prenant aux chasseurs, aux alchimistes, aux superstitieux de tous poils, les vénérateurs de Saints. Le naïf est sans doute les plus heureux, celui qui croit posséder un diamant va en prendre soin même si au fond ce n'est que du toc.
La sagesse rime souvent avec peu d'argent donc fait fuir les femmes et le monde entier.

La fin du livre est plutôt consacrée à la théologie et à la religion chrétienne. La folie est encouragée à plusieurs reprises dans les évangiles. Humbles et simples sont encouragés. Les animaux les plus simples et dociles sont cités: agneaux, brebis... Folie invoquée aussi lors de la crucifixion " Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Les chrétiens méprisent les plaisirs, aiment à revendiquer la peine, la souffrance et la pauvreté, n'est-ce pas une preuve supplémentaire de leur folie?


 

Xavier Mathias - Au cœur de la permaculture



Xavier Mathias - Au cœur de la permaculture

Permaculture est un mot qui est à la mode, peu souvent compris, et l'on pourrait se faire avoir en croyant ouvrir un livre qui va nous éclairer sur ses principes.
Xavier Mathias a la plume bien acérée et cynique pour nous balancer à la face dans cet essai sorti en 2017, son point de vue pour commencer sur l'agriculture en générale. Qu'elle soit bio ou chimique, elle est presque toujours plus dispendieuse en énergie qu'elle n'en fournit. Ce qui, avouez le, est un comble!

La grande révolution verte a juste contribué à nous rendre dépendants du pétrole, de l'industrie chimique et nous n'avons jamais été si loin de l'autonomie alimentaire. Avec l'arrachage des grands arbres, des haies pour faciliter les manœuvres des machines on se retrouve aujourd'hui confronté aux vents, à l'érosion, à l'absence de faune et micro faune. On tente de réinventer des beaux mots pour justifier de nouvelles pratiques respectueuses mais qui ne sont en fait que des retours à des usages du bon sens.
Notre société devient de plus en plus HS, entendez Hors Sol mais ce sont aussi étrangement les initiales d'Hors Service , l'occasion pour l'auteur de se fendre d'un néologisme acronyme: Achéssien.

Glissement de langage quand on méprise la "boue" qui est bien souvent de la terre arable qui s'échappe à cause de nos pratiques. Parler de la pluie et du beau temps n'est-il pas considéré comme le degré zéro de la communication? Pourtant c'est bien le temps qui régit les cultures, les récoltes. Le froid remet les compteurs à zéro et devrait être accepté comme faisant partie de l'équation.

Prenez l'exemple du fameux Buddleia de David (connu sous le nom d'Arbre à papillon), considéré comme invasif. Mais en fait il ne fait que tenter de réparer la pollution que nous avons engendré.
Comprenez: l'homme pollue via les métaux lourds, les pesticides, il introduit comme plante d'ornement des espèces exotiques, les espèces endémiques disparaissent à cause de la pollution et ces plantes dépolluantes prospèrent car les conditions sont parfaites.
La permaculture prône de s'inspirer de la nature au lieu de luter contre, mais il n'est pas toujours facile de comprendre se qui se trame sous terre. Partager le surplus devrait plutôt s'appeler partager l'abondance ou se contenter d'une sage parcimonie.
L'Education nous enseigne qu'il y a toujours une façon de faire, de voire les choses, comme un dogme pour chaque question. Mais c'est surtout par la pratique, les mains dans la terre qu'on observe, qu'on apprends le mieux. On peut alors contextualiser et se faire sa propre "théorie" selon sa situation. Il est illusoire de croire qu'on peut devenir un bon agriculteur en quelques mois assis sur un banc de classe, ou se targuer d'être permaculteur car on a son CDP. L'humilité et la patience sont les clés pour acquérir les pratiques et atteindre les buts que l'on vise. Les échanges, les échecs et les réussites modèleront petit à petit nos idiosyncrasies.

A la moitié du livre, on entre quand même un peu dans le vif du sujet et quelques pistes nous sont données pour se "lancer". Important pour commencer : Observation d'abord puis réflexion sur ce qu'on veut garder de l'existant. Zonages: il faut implémenter le zones qu'on va fréquenter le plus près de l'habitation. Cela peut paraître bête, mais on économise de l'énergie.
"Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments, chaque élément assure plusieurs fonctions."
Il faut tenter un maximum de résilience, penser aux vivaces ou généreuses qui se ressèment toutes seules. Difficile de résumer en quelques lignes une approche systémique et complexe qui ne demande qu'à s'adapter à la station.
Le livre termine par quelques références d'applications heureuses d'un autre rapport à la nature qui peut se rapprocher de la permaculture ainsi que des livres ou sites pour étendre notre connaissance.
La conclusion est plutôt optimiste car elle encourage tout un chacun à de petites ou grandes actions pour devenirs véritablement acteurs du changement vertueux.

Vous l'aurez compris Xavier Mathias règle ses comptes avec toutes sortes d'idées reçues, de tendances qui minent trop souvent nos esprits mais ne veut surtout pas se faire le nouveau chantre de la permaculture institutionnalisée. Celle ci n'a donc pas de préceptes figés qu'on peut suivre comme un mouton. 


 

Rick Bass - Winter


Rick Bass - Winter

Voilà un récit à classer dans la catégorie Nature Writing qui m'a fait un peu penser à "Pete Fromm - Indian Creek, Un hiver au cœur des Rocheuses" en plus sociable. Celui ci est sorti en 1991 et relate l'installation dans la vallée du Yaak de cet écrivain écologiste américain dans un coin perdu du Montana pas loin de la frontière canadienne.

A la recherche d'un coin tranquille avec sa femme pour écrire, ils finissent par un beau coup de chance par devenir concierges d'une habitation isolée où il n' y a que quelques voisins et un saloon truffé de jeux de hasard et doté d'une télévision pour leur tenir compagnie. Très vite, ils s'intègrent dans ce petit hameau et se préparent pour la rude saison hivernale où pèse le silence. Mais ils resteront d'éternels pèlerins peu rodés aux pratiques locales. L'histoire se déroule sous forme d'un journal qui égrène les jours non sans quelques touches d'humour. Dans ces descriptions de paradis, la verve écologiste tente parfois de reprendre le dessus sur ces contemplations. Critiques des projets de barrages, de coupe des derniers vétérans sylvestres, de la disparation des caribous ... transpirent de cette prose aux relents tantôt poétiques tantôt rageurs.  Les espèces sauvages foisonnent et se préparent aussi à la saison froide.

Une tension qui monte au fil des pages est alimentée par cette attente des premiers flocons. La neige est véritablement l'héroïne tant à la fois elle fascine et est redoutée par l'auteur. Il faut couper du bois, le ranger et le brûler, c'est comme une idée fixe. La tronçonneuse est l'alliée du bucheron mais elle peut aussi se retourner contre son maitre. Les avaries peuvent parfois prêter à rire ou se révéler tragiques.  De la détermination il en faut pour supporter des températures qui descendent parfois jusqu'à -40°c mais peut-être est-ce le prix à payer pour une certaine tranquillité, un retour aux sources des forces de la nature?


 

Marc Augé - Pour quoi vivons-nous?



Marc Augé - Pour quoi vivons-nous?

Quel titre audacieux ! Pourtant je n'ai pas trouvé que l'auteur y répondait dans cet essai paru en 2003. J'avoue avoir été séduit par celui-ci dans une simple volonté de lire un autre ouvrage de cet anthropologue et ethnologue français. En introduction il contextualise une famille lambda appelée Dupont qui cherche le bonheur. Cette notion est vague et souvent associée à un passé resplendissant ou à un futur incertain. Les pays riches ont probablement plus de chances d'héberger des gens heureux.

Le livre débute avec un chapitre "Les leçons d'Afrique" où l'auteur raconte ses observations en Côte d'Ivoire et au Togo entre 1965 et 1985. On y découvre des systèmes complexes patri ou  matrilinéaires régis par de nombreux rites. Sans transition, retour aux mythes de notre monde moderne: vitesse, performance du corps, représentations d'images médiatiques de héros esthétiques. Grâces aux technologies mondialisées tout devient instantanément disponible partout. Les images sont partout, présentateurs qui apparaissent sur l'écran de millions de gens. Les prophètes agissent comme médiateurs en Afrique, et quand ils ne peuvent plus percevoir les personnes, créent des représentations. Redirection soudaine vers des concepts de rites sociétaux et quête de sens (dans un société de plus en plus libérée de la religion).  
L'anthropologue s'attarde sur cinq axes : l'identité, la mémoire, la sacralité, l'apparence, l'échange.
Quelques explications qui se perdent un peu pour revenir dans le dernier chapitre sur les utopies et les quêtes de sens, dont l'auteur s'étonne qu'à l'heure de la mondialisation elles s'étiolent.
Le vacarme inepte des médias nous plonge dans un profond silence vide de sens. Mais peut-être les seules croyances qui sortent encore vainqueuses sont les religions monothéistes ou à n'en pas douter le capitalisme. Les plus pauvres ne sont-ils pas en pamoison devant les richesses et la consommation?
Je n'ai pas vraiment été convaincu par cette démonstration qui partait un peu dans tous les sens...  


 

San-Antonio - Le coup du père François

 



San-Antonio - Le coup du père François

Petite détente avec ce 54ème San-Antonio de 1963 qui va commencer avec une étrange histoire de pendule qui se remonte toute seule durant l'absence du professeur Morpion. Celui ci habite en vue de l'ambassade d'Alabanie et il va être mêlé malgré lui à un drôle de rodéo.
Pinaud va vite prendre une place importante en endossant le rôle de vitrier mais tout aussi promptement le chemin de l'hôpital... Mémorable baston entre Alexandre Benoit Bérurier et sa Berthe mais on sent que l'histoire tourne un peu en rond. Elle se précipite sur la fin un peu comme s'il avait fallu trouver une chute à toutes ces bêtises sanantoniesques. Mais cela reste toujours un bon petit divertissement!

Et pour votre gouverne, voici ce que  "faire le coup du père François" veut dire.