Bertrand
Russell - Eloge de l'oisiveté
Court essai paru en 1932 de ce
savant polymathe qui s'efforce de remonter les bretelles de l'adage
"l'oisiveté est mère de tous les vices".
Dans une démonstration teintée parfois d'humour, l'auteur nous prouve que la
société industrielle a perverti notre conception du travail. Il y a ceux qui
triment, ceux qui les dirigent et au sommet de l'échelle les possédants.
L'Histoire a montré que les plus grandes évolutions émanaient d'une classe
oisive et qui a donc contribué à une "amélioration".
Alors qu'avant on produisait ce qui était indispensable à la vie, on s'est retrouvé dans une course à la production et un sentiment de honte quant à sa jouissance.
En effet, il est bien vu de travailler mais moins de simplement profiter. On
entre alors dans un engrenage qui pousse à fournir toujours plus d'effort pour
une surproduction et ainsi une concurrence, le chômage et le scandale de ne
rien faire. Cela a donné lieu (et est encore vrai dans certains pays) à des
journées de travail de 15h. En 1932, il arrive à la conclusion qu'il faudrait
dans l'idéal que chacun travaille 4h par jour pour arriver à satisfaire les
besoins de tous. On aurait alors du temps pour les loisirs. Mais on est arrivé
dans une société de divertissement passif: aller au cinéma, regarder le foot,
écouter la radio... ce qui laisse dans l'ennui les esprits les moins
imaginatifs englués cette manne de temps libre. Cette lassitude provient
principalement de l'état d'épuisement généré par ces journées de corvée, on est
donc moins enclin à rechercher des occupations qui demande de l'investissement
moral et physique.
Il prône donc une inclinaison à la bonté et un remaniement de nos idéaux stakhanovistes
avant l'heure, un frein à main dans la course lancée en ce début du XXème
siècle qui presque 100 ans plus tard me semble fort utopique...
Cela m'a un peu fait penser en moins vindicatif à Jean-Victor Verlinde
"L'ordre mon cul ! La liberté m'habite".

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